*** ci-dessous "Livres-mystiques".: un hommage à Roland Soyer décédé le 01 Juin 2011

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vendredi 13 novembre 2009

L'enseignement et la connaissance selon Saint-Martin par Jules Boucher (1902-1955.


::: L'enseignement de Saint-Martin
















Le Martinisme, dont on a dit qu'il n'était au fond qu'une philosophie comme le « cartésianisme » de Descartes ou le « spinozisme » de Spinoza, est une forme de spiritualité très élevée qui donne à celui qui peut la posséder une vision du monde dégagée de toute contingence matérielle.

« L'homme, découvrant la science de sa propre grandeur, apprend qu'en s'appuyant sur une base universelle, son Être intellectuel devient le véritable Temple, que les flambeaux qui le doivent éclairer sont les lumières de la pensée qui l'environnent et le suivent partout ; que le Sacrificateur, c'est sa confiance dans l'existence nécessaire du Principe de l'ordre et de la vie ; c'est cette persuasion brûlante et féconde devant qui la mort et les ténèbres disparaissent ; que les parfums et les offrandes, c'est sa prière, c'est son désir et son zèle pour le règne de l'exclusive Unité ; que l'autel, c'est cette convention éternelle fondée sur sa propre émanation, et à laquelle Dieu et l'Homme viennent se rendre, pour y trouver l'un sa gloire et l'autre son bonheur ; en un mot que le feu destiné à la consommation des holocaustes, ce feu qui ne devait jamais s'éteindre, c'est celui de cette étincelle divine qui anime l'homme et qui, s'il eut été fidèle à sa loi primitive, l'aurait rendu à jamais comme une lampe brillante placée dans le sentier du Trône de l'Eternel, afin d'éclairer les pas de ceux qui s'en étaient éloignés ; parce qu'enfin l'homme ne doit plus douter qu'il n'avait reçu l'existence que pour être le témoignage vivant de la Lumière et de la Divinité. »

Cette citation du Tableau Naturel montre bien que pour Saint-Martin c'est l'Esprit de l'Homme qui est le seul et véritable Temple.

::: La connaissance selon Saint-Martin

La Vérité éclate dans chaque phénomène de l'Univers. La Connaissance intime et profonde est accessible à chacun s'il sait méditer et comprendre. Tel est l'exorde de Louis-Claude de Saint-Martin, dans le Tableau Naturel.

On peut, en effet, comparer l'Univers à un livre :

La Cause Première étant l'écrivain ou Nature naturante.

La Nature, le livre écrit ou Nature naturée.

L'Homme étant le lecteur.


Mais ce lecteur ne comprend pas, ou comprend mal, bien souvent, le sens exact des pages du livre. Il faut pour en avoir l'intelligence de patientes méditations.

Saint-Martin distingue deux natures en l'homme :

l'être sensible et l'être intellectuel. Le premier se manifeste dans l'impulsion des sens et le second dans la délibération de l'esprit. La Pensée créatrice est supérieure et antérieure à l'objet créé par l'homme, qui « pense sa machine avant de machiner sa pensée ».

Mais de quoi ou de qui l'homme tient-il sa faculté de penser ? De quoi ou de qui tient-il son être physique ? Il est impossible de penser que le « hasard » seul ait pu produire le monde. Devant une machine quelconque construite par l'homme peut-on espérer connaître l'inventeur, son être physique d'abord, ses facultés spirituelles ensuite, en examinant la machine ? Et pourtant les matérialistes en scrutant le monde constatent que la machine est faite pour fonctionner, ils examinent attentivement tout le mécanisme, ils s'émerveillent du jeu exact et précis de tous les organes et s'étonnent quand on admet un possible « inventeur » hors de la machine !

Nos découvertes, dans tous les domaines, ne font que rendre manifeste le rapport qui existe entre notre propre lumière et les choses. Cette dépendance de l'homme par rapport aux choses sensibles lui donne l'idée d'une force et d'une sagesse suprême et unique. Toutes les doctrines philosophiques et religieuses tendent vers l'Unité.

Le Martinisme est tout entier la doctrine de l'Unité. Nulle religion, nulle philosophie ne respecte autant l'individualisme de ceux qui s'y sont ralliés que le Martinisme. Cette doctrine élève l'homme spirituellement et « intérieurement », c'est pourquoi elle est véritablement ésotérique.

Extrait de « Du Martinisme et des Ordres Martinistes », Jules Boucher, Le Symbolisme, set.-oct. 1950