*** ci-dessous "Livres-mystiques".: un hommage à Roland Soyer décédé le 01 Juin 2011

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dimanche 26 décembre 2010

FIN DES DIX PRIERES de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803)le Philosophe Inconnu

Auras-tu la force, ô mon âme, de contempler l'énormité de la dette que l'homme coupable a contractée envers la Divinité ? Mais, si tu as eu celle de te livrer au crime, tu peux bien en considérer toute l'horreur. Mesure donc par la pensée le champ du Seigneur ; rappelle toi que l'homme devait en être le cultivateur ; tâche de te faire une idée de l'immensité des fruits qui auraient dû s'y produire par tes soins ; songe que toutes les créatures qui sont sous le ciel attendaient de ta soigneuse culture leur subsistance et leur soutien ; songe que les champs du Seigneur attendaient de toi leur ornement et leur parure ; songe que le Seigneur lui-même attendait de ta vigilance et de ta fidélité, la gloire et la louange que devait lui attirer l'accomplissement de ses desseins ; songe que toutes ces choses devaient s'opérer par toi sans aucune interruption. Tu es tombé, tu as laissé l'ennemi prendre empire sur toi et corrompre tes voies. Dès l'instant, tu as rendu stérile la terre du Seigneur ; tu as plongé dans la disette tous les habitants de l'univers, et tu as plongé le coeur de Dieu dans la tristesse. Dès ce même instant, tu as comme tari la source de la sagesse et de la moisson dans ce bas monde ; et, depuis cette fatale époque, tu arrêtes chaque jour toutes les productions du Seigneur ; contemple à présent l'énormité de ta dette ; contemple l'impossibilité où tu es de l'acquitter, et frissonne jusque dans les derniers replis de ton être. Tu dois les fruits de chaque année, depuis le moment de ton infidélité ; tu dois la dîme de toutes les heures qui se sont écoulées depuis l'heure fatale ; tu dois tout ce que ces mêmes fruits et cette même dîme auraient rapporté dans les mains où tu aurais dû les déposer ; tu dois tous les fruits que tu empêcheras de croître jusqu'à la consommation des siècles. Quel est donc l'être qui aurait pu jamais t'acquitter envers la justice éternelle, envers cette justice dont les droits ne peuvent s'abolir et dont les plans ne peuvent manquer d'arriver à leur terme et à leur accomplissement? C'est ici, Dieu suprême, que se manifestent les torrents de ta miséricorde et l'abondance intarissable de tes éternels trésors : ici, ton coeur divin s'est ouvert sur ta malheureuse créature, et non seulement ses redevances ont été acquittées, mais elle s'est trouvée encore assez riche pour pouvoir venir au secours de l'indigent. Tu as dit à ton verbe de venir cultiver lui-même le champ de l'homme. Ce verbe sacré, dont l'âme est l'amour, est descendu vers ce champ frappé de stérilité. Il a consumé par le feu de sa parole toutes les plantes parasites et vénéneuses qui s'y étaient semées ; il y a semé en place le germe de l'arbre de vie ; il a ouvert les canaux des fontaines salutaires, et les eaux vives sont venues l'arroser ; il a rendu la force aux animaux de la terre, l'agilité aux oiseaux du ciel ; il a rendu la lumière aux flambeaux célestes, le son et la voix à tous les esprits qui habitent la sphère de l'homme ; et il a rendu à l'âme de l'homme cet amour dont il est lui-même la source et le foyer, et qui a dirigé son saint et admirable sacrifice. Oui, éternel Dieu de toute louange et de toute grâce, il n'y avait qu'un être puissant, comme ton fils divin, qui pût ainsi réparer nos désordres et nous acquitter envers ta justice. Il n'y avait que l'être créateur qui pût payer pour nous ce que nous avions entièrement dissipé, puisqu'il fallait pour cela qu'il se fît une nouvelle création. Puissances universelles, si vous vous sentez si disposées à chanter ses louanges, pour vous avoir rétablies dans vos droits, et pour vous avoir rendu votre activité, quelles actions de grâces ne lui dois-je donc pas, pour s'être lui même rendu caution de toutes mes dettes envers lui, envers vous, envers tous mes frères, et pour les avoir acquittées ? Il est dit de la femme pénitente, que parce qu'elle avait beaucoup aimé, on lui avait beaucoup pardonné. A l'homme on lui a tout remis, on a tout payé pour lui, non seulement avant qu'il ait commencé d'aimer, mais même lorsqu'il était plongé dans les horreurs de l'ingratitude et comme glacé par la dureté de son coeur.
0 hommes ! ô mes frères ! donnons-nous tout entiers maintenant à celui qui a commencé par nous pardonner tout. Chaque mouvement de notre Dieu doit être un mouvement universel, et qui se fasse sentir dans toutes les régions de tous les univers. Qu'à l'exemple de ce Dieu suprême, l'amour fasse un mouvement universel dans tout notre être, et embrasse à la fois toutes les facultés qui nous composent.

Amen.

FIN DES DIX PRIERES Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) le Philosophe Inconnu.

vendredi 24 décembre 2010

IX / PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN (1743-1803)


Seigneur, comment nous serait-il possible ici-bas de chanter les cantiques de la Cité sainte ? Est-ce du milieu des torrents de nos larmes que nous pouvons faire entendre les chants de la joie et de la jubilation ? Si j'ouvre la bouche pour en former les premiers sons, les sanglots m'oppressent et je ne puis laisser échapper que des soupirs et que les accents de la douleur ; et souvent même ces sanglots s'étouffent dans mon sein, ou bien nulle oreille charitable n'est près de moi pour les entendre et m'apporter du soulagement. Je me sens accabler par l'étendue et la longueur de mes souffrances, et le crime ne cesse de se présenter à moi, pour m'annoncer que dans un instant la mort va le suivre et glacer tout mon être par la froideur de ses poisons ; déjà elle s'est emparée de tous mes membres, et je touche au moment d'être délaissé comme le cadavre qui vient d'expirer, et que les serviteurs abandonnent à la putréfaction. Cependant, Seigneur, puisque tu es la source universelle de tout ce qui existe, tu es aussi la source de l'espérance ; et si ce rayon de feu ne s'est point encore éteint dans mon coeur, je tiens encore à toi, je suis encore lié à ta vie divine par cette immortelle espérance qui découle continuellement de ton trône. J'ose donc t'implorer du sein de mes abîmes ; j'ose appeller à mon secours ta main bienfaisante pour qu'elle daigne s'employer à ma guérison. Comment est-ce qu'elles s'opèrent les guérisons du Seigneur? C'est par la docile soumission aux sages conseils de ce médecin divin. Il faut que je prenne avec reconnaissance et avec un ardent désir, le breuvage amer que sa main me présente ; il faut que ma volonté concoure avec celle qui l'anime pour moi ; il faut que la longueur et les souffrances du traitement ne me fassent pas repousser le bien que veut me faire ce suprême auteur de tout bien ; il se pénètre du sentiment de mes douleurs, je n'ai autre chose à faire que de me pénétrer du sentiment de son charitable intérêt pour moi. C'est par là que la coupe du salut me sera profitable ; c'est alors que ma langue reprendra sa force, et que je chanterai les cantiques de la Cité sainte. Seigneur, quel sera mon premier cantique? Il sera tout entier à l'honneur et la gloire de celui qui m'aura rendu la santé et qui aura opéré ma délivrance. Je le chanterai ce cantique depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher ; je le chanterai par toute la terre, non seulement pour célébrer la puissance et l'amour de mon libérateur, mais pour communiquer à toutes les âmes de désir et à toute la famille humaine, le moyen certain et efficace de recouvrer à jamais la santé et la vie. Je leur apprendrai que par là, l'esprit de sagesse et de vérité se reposera sur leur propre coeur, et les dirigera dans toutes leurs voies.

Amen.

dimanche 19 décembre 2010

Catéchismes et Rituels Coëns donnés par le T.:. Ill.:. M.:. Martinez de Pasqually.

Chap. D E S C R I P T I O N Page

I Catéchisme des Philosophes Elus Coëns de l'Univers PAGE 1

II Catéchisme des Maîtres Coëns 26

III Catéchisme des Grands Maîtres Coëns, surnommés Grands Architectes 46

IV Catéchisme des Grands Elus de Zorobabel, soi disants Chevaliers d'Orient 52

V Catéchisme des Commandeurs d'Orient apprentifs R.:+: 59

VI Catéchisme de Commandeur d'Orient apprentif Reaux Croix de l'Ordre de Josué 78

VII Explication Secrète du Catéchisme d'Apprentif, Compagnon et Maître Coën 87

VIIExtrait de ce qui est contenu dans les Grades de l'Ordre des Elus Coëns

Apprentif - - - - - - - - - - 146

Compagnon - - - - - - - - ----150

Maître - - - - - - - - - - - -154

Elu - - - - - - - - - - - - - 156

IX Réception d'Apprentif Coën ou Fort Marqué 161

X Réception de Compagnon Coën ou Double Fort Marqué 163

XI Réception de Maître Coën 166

XII Réception de Grand Architecte 170

XIII Réception de Chevalier d'Orient 179

XIV Réception de Compagnon D. 185

XV Prières et Travaux pour la Réconciliation générale de l'Homme de Désir avec son Etre Spirituel. 193

XVI Lro, du Maître Coën. 225

XVII De Circulo et ejus Compositiones 237

XVIII Devoirs d'un R:+: 255

XIX Correspondances 270

XX Correspondance des Planètes 286

XXI Instruction Secrète sur les différents Feux 292

XXII Des Caractères Hiéroglyphiques 297

XXIII Cérémonial Secret pour un Opérant 302

XXIV Conjuration pour molester les esprits du mal 326

XXV Détails de Plans d'Opérations

Opération d'Adam - - - - - - - - - - -341

Opération de Kaïn - - - - - - - - - - 344

Opération de Noë - - - - - - - - - - 347

Opération d'Abel - - - - - - - - - - 350


SOURCE :
http://kingsgarden.org/french/organisations.f/om.f/Martinez/ManuscritAlger/Contents.htm

Il s'agit des manuscrits du fonds Z, de la main de Saint-Martin. Tout ceci a été publié par Robert Amadou.
Dixit Serge Caillet.


La Lettre du Crocodile


















La Lettre du Crocodile a pris naissance comme supplément de la revue L’Esprit des Choses publiée par le CIREM, Centre International de Recherches et d’Etudes Martinistes. Très vite, La Lettre du Crocodile s’est affirmée comme une publication à part entière, dépassant largement le cadre fixé initialement et dépassant l’objet et les compétences du CIREM. La Lettre du Crocodile se doit en effet de pouvoir aborder tout sujet touchant de près ou de loin aux domaines de la Franc-maçonnerie, des mouvements religieux, des traditions initiatiques, des philosophies de l’éveil, des avant-gardes, de l’art… et de prendre le cas échéant position, si la situation l’exige.
En avril 1996, le CIREM a donc confié La Lettre du Crocodile a une association soeur, indépendante, le CIRER, Centre International de Recherches et d’Etudes Rabelaisiennes. Ceux qui se sont intéressés en profondeur à l’œuvre de Rabelais en auront reconnu plus particulièrement sa dimension philosophique et hermétiste, mais aussi son caractère libertaire et rebelle. Le choix de Rabelais est donc une indication de l’état d’esprit dans lequel nous travaillons.
La Lettre du Crocodile (et son supplément Le Crocodile en Intelligence) est diffusée principalement en Europe dans des loges maçonniques de toutes obédiences, dans des centres de recherches traditionnelles de courants divers, dans des centres d’art, des mouvements d’avant-gardes, des lieux de lecture.
L’abonnement annuel à La Lettre du Crocodile couvre l’année civile. Il est de 25 Euro pour quatre numéros en version papier. La version numérique (fichier Word-PC ou PDF) envoyée par internet est gratuite.


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vendredi 17 décembre 2010

Martines à l’œuvre dans la Chose : l'Ordre des élus coëns



Martines à l’œuvre dans la Chose : l'Ordre des élus coëns
Par : Serge Caillet - Décembre 2010.

Au milieu du XVIIIe siècle un météore traverse les cieux de l'illuminisme français: Martines de Pasqually. Il reste un personnage énigmatique, son identité est incertaine, et de nombreuses légendes circulent encore à son sujet.
Ce qui est sûr c'est que la doctrine martinésiste a été transmise par Martines de Pasqually au sein de l'Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers, un ordre initiatique mystique. Son influence a perduré jusqu'à nos jours grâce à l'œuvre de deux de ses disciples, Louis Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz.

Serge Caillet structure son exposé en quatre parties symboliques selon une ascension de dévoilements progressifs. En premier lieu, il aborde « le vêtement » ou forme temporelle, ensuite « le corps » ou véhicule temporel, puis « l'âme » ou le véhicule animique et enfin « l'esprit » ou la Chose.

Serge Caillet souligne tout d'abord l'indépendance de Martines vis-à-vis de la franc-maçonnerie française de son époque, franc-maçonnerie que Martines aurait aimé réformer ; et cette tentative de rectification, faute de s’être appliquée à la franc-maçonnerie, prendra forme en grades successifs au sein de l’Ordre des élus coëns.
Ce système est-il complet et cohérent ? Pouvons-nous le considérer comme un rite maçonnique? Quels sont ses grades? Quelle est la véritable fonction de ce vêtement extérieur?
En effet, soulever le voile maçonnique des coëns, nous fait approcher du corps de l'ordre coëns : quelles sont ses classes et les cérémonies qui le constituent? Quelle est la signification de ses rituels et l’importance de l’arithmosophie?
Ce corps avec ses formes sacramentelles théurgiques est un corps "animé". Le second voile se lève et Serge Caillet entre dans la troisième partie de son exposé : "l'âme de l'ordre coëns est un véhicule", nous dit-il. De quelle façon faut-il entendre le terme véhicule? Quels sont les dépôts qui sédimentent la tradition de cet ordre?

La quatrième et dernière partie est consacrée à l'esprit ou la Chose. Ultime voile: La Réintégration des Etres . Le grand œuvre de Martines de Pasqually ne se laisse pas réduire aux vêtements nécessaires à sa manifestation, ni à sa forme temporelle d'une école basée sur la prière et la vertu. L'ordre des élus coëns est avant tout une réalité spirituelle, où « la Gnose vient couronner la foi » nous dit Serge Caillet.

Quelle est la finalité ultime de la recherche des élus coëns? Quel fut dans cette recherche le rôle de Martines de Pasqually et que voulut-il offrir au monde?

Les différents voiles que le chemin des élus coëns invite à soulever est-il comparable à ce que Karl von Eckartshausen nomma « l’Eglise intérieure » dans son ouvrage la Nuée sur le Sanctuaire ?

Réponse de Serge Caillet dans cette conférence de 30mn prononcée lors du colloque du tricentenaire de Martines de Pasqually, organisé par l'Institut Eléazar et la revue Renaissance Traditionnelle, à Marseille, les 18 et 19 septembre 2010.

http://tricentenairedemartinesdepasqually.blogspot.com/2010/09/des-nouvelles-fraiches-du-colloque.html

Achat de cette vidéo chez BAGLIS. TV :
http://www.baglis.tv/franc-maconnerie-video/illuminisme/1567-chose-ordre-elus-coens.html

Quelques extraits sur DAILYMOTION :
1/

Les différents grades des élus coëns - Martines de Pasqually
envoyé par baglistv. - Plus de vidéos de blogueurs.

2/

« La Gnose vient couronner la foi » (Clément d’Alexandrie)
envoyé par baglistv. - Plus de vidéos de blogueurs.

lundi 13 décembre 2010

VIII / PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN (1743-1803).


Unissons-nous, hommes de paix, hommes de désirs ; unissons-nous pour contempler dans un saint tremblement l'étendue des miséricordes de notre Dieu, et disons-lui en commun que toutes les pensées des hommes, tous leurs désirs les plus purs, toutes leurs actions les plus régulières, ne pourraient ensemble approcher du moindre acte de son amour. Comment pourrions-nous donc exprimer cet amour, lorsqu'il ne se borne point à des actes particuliers et d'un moment, mais qu'il développe à la fois tous ses trésors, et cela d'une manière constante, universelle et imperturbable. Oui, Dieu de vérité et de charité inépuisable, voilà comment tu en agis journellement avec l'homme ! Qui suis-je ? Un vil amas de dégoûtantes ordures qui ne répandent en moi et autour de moi que l'infection. Eh bien ! c'est au milieu de cette infection que ta main infatigable se plonge sans cesse, pour trier le peu qui reste encore en moi de ces éléments précieux et sacrés dont tu formas mon existence. Telle que cette femme soigneuse qui dans l'Evangile consume sa lumière, pour retrouver la drachme qu'elle a perdue, tu ne cesses de tenir tes lampes allumées, et tu te courbes continuellement jusqu'à terre, espérant toujours que tu vas retrouver dans la poussière cet or pur qui s'est échappé de tes mains. Hommes de paix, comment ne contemplerions-nous pas dans un saint tremblement l'étendue des miséricordes de notre Dieu ! Nous sommes mille fois plus coupables envers lui, que ces malfaiteurs, selon la justice humaine, qui sont conduits au travers des villes et dans les places publiques, couverts de tous les signes de l'infamie, et que l'on force de confesser hautement leurs crimes aux pieds des temples et de toutes les puissances qu'ils ont méprisées. Nous devrions comme eux, et avec mille fois plus de justice qu'eux, être traînés ignominieusement au pied de toutes les puissances de la nature et de l'esprit ; nous devrions être amenés comme des criminels devant toutes les régions de l'univers, tant visibles qu'invisibles, et recevoir en leur présence, les terribles et honteux châtiments que méritent avec justice nos effroyables prévarications ; mais au lieu d'y trouver des juges redoutables, armés de la vengeance, qu'y rencontrons-nous ? Un roi vénérable dont les yeux annoncent la clémence, et dont la bouche ne cesse de prononcer le pardon pour tous ceux qui seulement veulent bien ne point s'aveugler au point de ne se pas croire innocents. Loin de vouloir que nous portions plus longtemps les vêtements de l'opprobre, il ordonne à ses serviteurs de nous rendre notre première robe, de nous mettre un anneau au doigt et des souliers à nos pieds, et, pour le déterminer à nous combler de pareilles faveurs, il suffit que, comme de nouveaux enfants prodigues, nous reconnaissions ne pas pouvoir trouver dans la maison des étrangers le même bonheur que dans la maison de notre père. Hommes de paix, comment ne contemplerions-nous pas dans un saint tremblement l'étendue de l'amour et des miséricordes de notre Dieu ! Et comment ne formerions-nous pas une sainte résolution de rester à jamais fidèles à ses lois et aux bienfaisants conseils de sa sagesse ? Non, je ne peux aimer que toi, Dieu incompréhensible dans ton indulgence et dans ton amour ; je ne veux plus aimer que toi, puisque tu m'as tant pardonné ; je ne veux plus trouver d'autre lieu de repos que le sein et le coeur de mon Dieu. Il embrasse tout par sa puissance, et quelque mouvement que je fasse, je trouve partout un appui, un secours et des consolations, parce que sa source divine verse partout à la fois tous ces biens. Il s'élance lui-même dans le coeur de l'homme, il ne s'y élance pas une seule fois, mais constamment et par des actes réitérés. C'est par là qu'il engendre et multiplie en nous sa propre vie, parce qu'à chacun de ces actes divins, il établit en nous des rayons purs et extraits de sa propre essence, sur lesquels il aime à se reposer, et qui deviennent en nous les organes de ses générations éternelles. De ce foyer sacré, il envoie dans toutes les facultés de notre être de semblables émanations qui, à leur tour, répétant sans cesse leur action dans tout ce qui nous compose, multiplient ainsi continuellement notre activité spirituelle, nos vertus et nos lumières. Voilà pourquoi il est si utile de lui élever un temple dans notre coeur. O hommes de paix, ô hommes de désirs, unissons-nous pour contempler dans un saint tremblement l'étendue de l'amour, des miséricordes et des puissances de notre Dieu.

Amen

vendredi 10 décembre 2010

7 / PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN (1743-1803).


Je viens me présenter aux portes du temple de mon Dieu, et je ne quitterai point cette humble place de l'indigent, que le père de ma vie ne m'ait distribué mon pain de chaque jour. Le voici qui s'avance, ce pain de chaque jour ; je l'ai reçu, je l'ai goûté, et je veux annoncer sa douceur aux races futures. L'éternel Dieu des êtres ; le titre sacré qu'il a pris pour se faire connaître aux nations visibles et invisibles ; celui qui s'est fait chair l'esprit de celui au nom de qui tout doit fléchir le genou au ciel, sur la terre et dans les enfers voilà les quatre éléments immortels qui composent ce pain de chaque jour. Il se multiplie sans cesse comme l'immensité des êtres qui s'en nourrissent, et à quelque terme que parvienne leur nombre, ils ne pourront jamais en diminuer l'abondance, ni se trouver dans la disette ; ce pain de chaque jour a développé en moi les germes éternels de ma vie, et les a mis à même de faire passer dans mon sang la sève sacrée de mes racines originelles et divines. Les quatre éléments qui le composent ont fait disparaître du chaos de mon coeur les ténèbres et la confusion ; ils y ont rétabli une vivante et sainte lumière, au lieu de la froide obscurité qui l'enveloppait ; leur force créatrice m'a transformé dans un nouvel être, et je suis devenu le dépositaire et l'administrateur de leurs saints caractères et de leurs signes vivifiants. Alors, pour manifester la gloire de celui qui a choisi l'homme comme son ange et son ministre, je me suis présenté à toutes les régions ; j'ai considéré et comme passé en revue tous les ouvrages de ses mains, et j'ai distribué sur chacun d'eux ces caractères qu'il avait imprimés sur moi pour les transmettre à toutes ses créatures, et pour leur confirmer les propriétés et la puissance du nom qu'elles avaient reçues. Je n'ai point borné mon ministère à agir ainsi sur les ouvrages réguliers de l'éternelle sagesse ; je me suis approché de tout ce qui était difforme, et j'ai laissé tomber sur ces fruits du désordre les signes de justice et de vengeance attachés aux secrets pouvoirs de mon élection. Ceux de ces fruits que j'ai pu arracher à la corruption, je les ai offerts en holocauste au Dieu suprême, et j'ai composé mes parfums des pures louanges de mon esprit et de mon coeur, afin que tout ce qui respire reconnaisse qu'à ce seul Dieu suprême sont dus tous les hommages, toute la gloire et tous les honneurs, comme étant l’ unique source de toute puissance et de toute justice ; et je lui ai dit dans les transports de mon amour: Heureux l'homme, puisque tu as bien voulu le choisir pour en faire le siège de ton autorité, et le ministre de ta gloire dans l'univers ! Heureux l'homme, puisque tu as permis qu'il sentît jusque dans les profondeurs de ton essence, la pénétrante activité de ta vie divine ! Heureux l'homme, puisque tu as permis qu'il osât t'offrir un sacrifice de reconnaissance puisé dans le sentiment ineffable de toutes les vertus de ta sainte universalité.

Il ne vous a pas traitées ainsi, puissances terrestres, puissances de l'univers : il vous a rendues les simples agents de ses lois et les forces opérantes de l'accomplissement de ses desseins ; aussi n'y a-t-il pas un être dans la nature, n'y a-t-il pas un être parmi vous qui ne le seconde dans son oeuvre, et qui ne coopère à l'exécution de ses plans. Mais il ne s'est point fait connaître à vous comme le Dieu de paix et comme le Dieu d'amour ; et, lors même qu'il vous donna l'existence, vous étiez encore agitées par les suites de la rébellion, puisqu'il recommanda à l'homme de vous soumettre et de vous dominer. Bien moins encore, puissances perverses et corrompues, vous a-t-il traitées avec les mêmes faveurs dont il lui a plu de combler l'homme. Vous n'avez pas su conserver celles qu'il vous accorda par votre origine ; vous avez eu l'imprudence de croire qu'il pouvait y avoir pour vous un plus beau sort, un privilège plus glorieux, que d'être l'objet de sa tendresse, et dès lors vous n'avez plus mérité que d'être l'objet de sa vengeance. C'est l'homme seul à qui il confie les trésors de sa sagesse ; c'est dans cet être, selon son coeur, qu'il a mis toute son affection et tous ses pouvoirs. Il lui a dit en le formant : « Répands sur tout l'univers l'ordre et l'harmonie dont je t'ai permis de puiser les principes dans ma propre source ; il ne peut me connaître que par la régularité de mes oeuvres et la fixité de mes lois ; il ne peut être initié dans les mystères de mon sanctuaire ; il n'a en lui que la mesure de mes puissances, c'est à toi de les exercer dans tous ses domaines, puisque c'est par les actes seuls de mes puissances qu'il peut savoir qu'il y a un Dieu. Pour mes ennemis, lance sur eux tous les traits de ma colère, ils sont encore plus loin de moi que les puissances de la nature, et la sainteté de ma gloire ne me permet plus de me manifester à eux que par le poids de ma justice. Toi seul, homme, toi seul réuniras désormais aux dons de mes puissances et de ma justice, celui de pouvoir sentir les vivantes délices de mon amour, et de les faire partager à ceux qui s'en rendront dignes. C'est pour cela que je t'ai formé seul à mon image et à ma ressemblance ; car l'être qui n'aime point, ne pourrait pas être mon image. C'est de ce trône sacré où je t'ai placé, comme un second Dieu, que je verrai se répandre sur tout ce qui est sorti de mes mains, les divers attributs de mon être, et tu me seras cher au-dessus de toutes mes productions, puisque si je t'ai choisi pour être mon organe universel, il n'y aura plus rien de moi qui ne soit connu. »

Souverain auteur de mon esprit, de mon âme et de mon coeur, sois béni à jamais dans toutes les régions et dans tous les siècles, pour avoir permis que l'homme, cette ingrate et criminelle créature, put recouvrer des vérités aussi sublimes. Il s'en était rendu indigne par son crime ; et, si le souvenir de ton antique et sainte alliance n'eût engagé ton amour à les lui rendre, elles seraient demeurées éternellement perdues pour lui. Louanges et bénédictions à celui qui avait formé l'homme à son image et à sa ressemblance, et qui, malgré tous les efforts et les triomphes des enfers, a su le réhabiliter dans sa splendeur, dans la sagesse et dans les félicités de son origine.

Amen.

mercredi 1 décembre 2010

journal La Vérité, journal du spiritisme


Vous trouverez sur cette page

http://www.boutin-jl.net/smlyon/journal-verite



l'ensemble des articles que le journal La Vérité, journal du spiritisme a
publié sur l'abbé Fournié et sur Saint-Martin en 1863 et 1865.

Dans la série des Précurseurs du spiritisme, vous trouverez également Madame Guyon et le quiétisme, Dupont de Nemours

"Martines à l’œuvre dans la chose : l'Ordre des élus coëns"


Chers amis

Nous nous apprêtons à mettre ce vendredi la vidéo de Serge Caillet :

"Martines à l’œuvre dans la chose : l'Ordre des élus coëns"


Filmée à Marseille en septembre dernier, celle-ci inaugurera les suivantes qui seront mise en ligne tous les quinze jours en moyenne.

Merci, si vous le souhaitez / pouvez, de relayer cette information auprès de vos amis, vendredi, lorsque la vidéo paraitra.

Le film sera disponible en intégralité sur le site

http://www.baglis.tv