LIBRAIRIE LA LANGUE DES OISEAUX

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*** ci-dessous "Livres-mystiques".: un hommage à Roland Soyer décédé le 01 Juin 2011

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dimanche 24 octobre 2010

6 / PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN (1743-1803


Écoute, mon âme, écoute, et console-toi dans ta détresse :

Il y a un Dieu puissant qui veut se charger du soin de guérir toutes les plaies.
Il est le seul, oui, il est le seul qui ait ce suprême pouvoir, et il ne l'exerce qu'envers ceux qui l'en reconnaissent comme le possesseur et comme le jaloux administrateur. Ne va point à lui sous un déguisement comme la femme de Jéroboam, que le prophète Akia accabla de reproches ; vas-y plutôt avec l'humilité et la confiance que doit te donner le sentiment de tes effroyables maux, et de l'universelle puissance de celui qui ne veut point la mort du pécheur, puisque c'est lui qui a créé les âmes. Laisse au temps accomplir sa loi sur toi, dans tout ce qui tient au temps ; n'accélère point son oeuvre par tes désordres ; ne la retarde point par tes désirs faux et tes vaines spéculations qui sont le partage de l'insensé. Mais uniquement occupé de ta guérison intérieure et de ta délivrance spirituelle, rassemble soigneusement le peu de forces que chaque degré du temps développe en toi ; sers toi de ces secrets mouvements de la vie, pour te rapprocher chaque jour de plus en plus de celui qui voudrait déjà te posséder dans son sein, et te faire partager avec lui, la douce liberté d'un être qui jouit pleinement de l'usage de toutes ses facultés, sans jamais connaître aucun obstacle. Dans les moments où ces heureux élans s'empareront de toi, soulève-toi sur ton lit de douleurs, et dis à ce Dieu de miséricorde et de toute-puissance Jusqu'à quand, Seigneur, laisserez-vous languir dans l'esclavage et dans l'opprobre, cette antique image de vous-même que les siècles ont pu ensevelir sous leurs décombres, mais qu'ils n'ont jamais pu effacer ? Elle a osé vous méconnaître dans ces temps où elle habitait dans la splendeur de votre gloire ; et vous, vous n'avez eu autre chose à faire, que de fermer sur elle l'oeil de votre éternité, et dès l'instant elle s'est trouvée plongée dans les ténèbres, comme dans un abîme. Depuis cette lamentable chute, elle est devenue journellement la risée de tous ses ennemis ; ils ne se contentent pas de la couvrir de leurs dérisions ; ils l'infestent de leurs venins ; ils la chargent de chaînes, pour qu'elle ne puisse pas se défendre, et pour qu'ils aient plus de facilité à diriger sur elle leurs flèches empoisonnées. Seigneur, Seigneur, cette longue et humiliante épreuve n'est elle pas suffisante, pour que l'homme reconnaisse ta justice et rend hommage à ta puissance ? Cet amas infect des dédains et des mépris de son ennemi, n'a-t-il pas séjourné assez longtemps sur cette image de toi-même pour lui dessiller les yeux, et la convaincre de ses illusions ? Ne crains-tu pas qu'à la fin ces substances corrosives n'effacent entièrement son empreinte, et la rendent absolument méconnaissable ? Les ennemis de ta lumière et de ta sagesse ne manqueraient pas de confondre cette longue chaîne de mes opprobres avec ton éternité même ; ils croiraient que leur règne d'horreur et de désordre est la seule et réelle demeure de la vérité ; ils croiraient l'avoir emporté sur toi et s'être emparé de ton royaume. Ne permets donc pas, ô Dieu de zèle et de jalousie, que ton image soit profanée plus longtemps. Ta propre gloire me touche encore plus que mon propre bonheur qui ne serait pas fondé sur ta propre gloire. Lève-toi de ton trône immortel, de ce trône où repose ta sagesse, et qui est tout resplendissant des merveilles de ta puissance ; entre un instant dans la vigne sainte que tu as plantée de toute éternité ; prends un seul grain de ce raisin vivifiant qu'elle ne cesse de produire ; presse-le de ta main divine, et fais couler sur mes lèvres le jus sacré et régénérateur qui seul peut réparer mes forces ; il humectera ma langue desséchée ; il descendra jusque dans mon coeur ; il y portera la joie avec la vie ; il pénétrera tous mes membres ; il les rendra sains et robustes, et je paraîtrai vif, agile et vigoureux, comme je l'étais le premier jour que je sortis de tes mains. C'est alors que tes ennemis, déçus dans leurs espérances, rougiront de honte, et frissonneront de frayeur et de rage, de voir que leurs efforts contre toi auront été vains, et que ma sublime destinée aura atteint son accomplissement, malgré leurs audacieuses et opiniâtres entreprises.

Ecoute donc, ô mon âme, écoute et console-toi dans ta détresse :

Il y a un Dieu puissant qui veut se charger du soin de guérir toutes les plaies.

mardi 19 octobre 2010

Trois nouveaux manuscrits du Traité sur la réintégration des êtres viennent d'être découverts


















Trois nouveaux manuscrits du Traité sur la réintégration des êtres viennent d'être découverts, consultez (pour les amateurs) en cliquant sur le lien suivant :

http://www.philosophe-inconnu.com/Maitres/traites_mp4.htm

samedi 16 octobre 2010

Introduction au symbolisme chrétien


Etat des lieux

Le symbolisme chrétien a connu son âge d’or au temps des cathédrales, c’est-à-dire au Moyen Age, il a évolué mais est resté vivant à la Renaissance et il a connu un certain déclin à partir des Temps Modernes.

Aujourd’hui, il est plutôt l’affaire de spécialistes et si les générations d’avant la seconde guerre mondiale ont encore eu des notions de symbolisme, ces notions s’effacent comme dessins sur le sable au niveau des nouvelles générations.

Comment en est-on arrivé là ?

La déchristianisation progressive de notre société y est pour beaucoup, certes, mais le fait que les fidèles n’ont plus trouvé au sein du clergé les guides qui pouvaient leur donner les clefs du symbolisme chrétien n’y est certainement pas non plus étranger.

Au cours des dernières décennies, l’Eglise s’est de plus en plus contentée de répondre aux questions des fidèles par des dogmes et des encycliques, c'est-à-dire de simples affirmations, sur base du principe qu’il est plus important de croire que de comprendre. C’est sans doute satisfaisant pour le gros des fidèles, mais de tous temps il a existé des croyants qui souhaitaient croire ET comprendre, l’un n’excluant pas l’autre.

Mais, direz-vous, pourquoi donc faut-il un guide qui donne des clefs ? Un dictionnaire des symboles ne suffit-il pas ?

En fait, pour être décrypté, un symbole doit rester, ou être replacé, dans le contexte qui peut l’éclairer. Sorti de son contexte, le symbole ne parle plus à l’âme de celui qui essaie de le comprendre. Et tout le problème est là, car le symbole chrétien parle à l’âme et non à la raison ou à l’intellect.

Un adage hermétique dit : « Tout est symbole ». C’est sans doute vrai, encore faut-il interpréter le symbole dans son domaine d’action.
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Symbolisme chrétien

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lundi 30 août 2010

Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié


Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié

Publié le 25 août 2010 par Jean-Marc Vivenza

A paraître en septembre 2010

De l’influence de la doctrine de Martinès de Pasqually

sur Jean-Baptiste Willermoz

par Jean-Marc Vivenza

L’évidente présence des sources provenant de l’Ordre des Élus Coëns au sein du Régime Écossais Rectifié est l’un des points les plus intéressants qui soient, nous faisant découvrir l’origine véritable du système initiatique fondé par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), qui joua un rôle fondamental au sein de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle.

Pourtant deux attitudes erronées se rencontrent de manière régulière à propos de cette question des sources willermoziennes : l’une consistant à considérer le Régime Écossais Rectifié comme une simple reproduction, bien que privée de sa partie théurgique, de l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers, l’autre visant à ne reconnaître aucun lien ni rapport entre le système de Willermoz et les enseignements dispensés par Martinès de Pasqually.

Il convenait donc de rappeler combien ces deux conceptions sont inexactes, dans la mesure où le Régime Écossais Rectifié, s’il est aujourd’hui entièrement redevable aux bases symboliques et théoriques de la doctrine de la Réintégration – qui échappèrent par miracle à la corruption du temps – a néanmoins «opéré» une christianisation importante de cette doctrine aboutissant à un Rite maçonnique original, à la fois dépositaire du trésor spirituel des élus coëns, mais également libéré de ses méthodes en raison de son insistance sur ce que signifie, comme radical bouleversement, le passage de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance.

On comprend ainsi, aisément, pourquoi il était utile que soit enfin proposée une analyse sérieuse sur ce sujet, capable de répondre véritablement aux diverses réflexions qu’elle fait surgir, nous faisant découvrir qu’il y a bien un secret partagé entre le Régime Écossais Rectifié et les disciples de Martinès de Pasqually, puisque l’objectif fixé par Willermoz à son Ordre « est d’atteindre, à sa manière, le but fixé à l’Ordre des Élus Coëns ».

- Editions Le Mercure Dauphinois - 370 p. SOMMAIRE

Introduction

Avertissement

I - Martinès de Pasqually et la doctrine des « élus coëns ».

1. Sources spirituelles

- a) L’illuminisme chrétien

- b) Le soufisme

- c) La kabbale

- d) Le dualisme zoroastrien et mazdéen

- e) Le judéo-christianisme : ébionisme et elkassaïsme

2. Eléments doctrinaux

3. Perspective sacerdotale

II - La rencontre de Jean-Baptiste Willermoz avec Martinès de Pasqually

III - De la Stricte Observance dite « Templière » au « Convent des Gaules » (1778).

IV. Eléments martinésiens présents au sein du Régime Ecossais Rectifié

V. Expiation, purification, réconciliation et sanctification : les quatre temps de la réédification du Temple du mineur spirituel

1. L’Expiation

2. La Purification

3. La Réconciliation

4. La Sanctification

VI - Les éléments coëns présents au sein du Régime Ecossais Rectifié : moyens et outils symboliques de la « Réintégration »

1) La structure ternaire du composé matériel et la place des essences spiritueuses

2) Triangle, « Lame d’or et Delta d’Orient

3) Le Temple coën et la loge rectifiée

4) La symbolique des nombres

5) La défiance du Régime Rectifié vis-à-vis de la matière

6) La noblesse de l'origine de l'homme et sa haute destination spirituelle

7) La Batterie 00 0, omniprésente au 1er grade

8) La substance sénaire de la Création

9) Le sens du double triangle

VII - La double nature et son implication spirituelle

VIII - La symbolique de la réédification du Temple comme figure de l'image et de la ressemblance

IX. L'origine de la Franc-maçonnerie selon le Régime Ecossais Rectifié et le rattachement au Haut et saint Ordre

Conclusion

Appendices

I. La Sainte Trinité
II. La nature de l’Air selon le Philosophe Inconnu
III. Les objets et meubles sacrés du Tabernacle présents sur le second tableau de la loge de Maître Ecossais de Saint-André : ou la mise en lumière du passage de l’Ancienne à la Nouvelle loi, manifesté par l'œuvre du Divin Réparateur.

· La « mer d'airain » et sa fonction purificatrice

· La table des pains de proposition, image annonciatrice du mémorial eucharistique.

· Le chandelier à sept branches en tant qu'évocation de la vraie Lumière.

· L'Arche Sainte, manifestation de l'Alliance éternelle entre Dieu et les hommes.

· L'autel des parfums ou l'instauration du sacerdoce éternel par la « Nouvelle loi de grâce et de vraie lumière ».

IV. Le rôle essentiel de la « grâce » et la raison de la proclamation de la supériorité de la « Nouvelle loi » au sein du Régime Ecossais Rectifié.

· Une nouvelle relation à Dieu par la grâce.

· Le changement radical des économies entre le temps de la loi et celui de la grâce.

· L'incomparable supériorité de la « Nouvelle loi de grâce ».

Annexes

I. Lettres de Martinès de Pasqually à Jean-Baptiste Willermoz

Lettre du 19 juin 1767

Lettre du 11 septembre 1768

Lettre du 12 octobre 1773

Lettre du 24 avril 1774

Lettre du 3 août 1774

II. Lettre de Louis-Claude de Saint-Martin à M. Erhmann

III. L’invocation de réconciliation des Elus coëns

IV. Méthode pour lire le Traité de la réintégration selon Willermoz

Bibliographie

samedi 28 août 2010

5 / PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN (1743-1803


Ote-moi ma volonté, Seigneur, ôte-moi ma volonté ; car si je peux un seul instant suspendre ma volonté devant toi, les torrents de ta vie et de ta lumière entreront en moi avec impétuosité, comme n'y ayant plus d'obstacle qui les arrête. Viens m'aider toi-même à briser ces funestes barrières qui me séparent de toi ; arme-toi contre moi-même, afin que rien en moi ne résiste à ta puissance, et que tu triomphes en moi de tous tes ennemis et de tous les miens, en triomphant de ma volonté. O principe éternel de toute joie et de toute vérité, quand est-ce que je serai renouvelé au point de ne me plus apercevoir moi-même que dans la permanente affection de ta volonté exclusive et vivifiante Quand est-ce que les privations en tout genre me paraîtront un profit et un avantage, en ce qu'elles me préservent de tous les esclavages, et me laissent plus de moyens de me lier à la liberté de ton esprit et de ta sagesse ? Quand est-ce que les maux me paraîtront une faveur de ta part, comme autant d'occasions de remporter des victoires, et de recevoir de ta main les couronnes de gloire que tu distribues à tous ceux qui combattent en ton nom ? Quand est-ce que tous les avantages et les joies de cette vie, me paraîtront autant de pièges que l'ennemi ne cesse de nous dresser pour établir dans nos coeurs un Dieu de mensonge et de séduction, en place du Dieu de paix et de vérité qui devrait toujours y régner ? Enfin, quand est-ce que le saint zèle de ton amour et l'ardeur de mon union avec toi me domineront jusqu'à donner avec délices ma vie, mon bien-être, et toutes les affections étrangères à ce but exclusif de l'existence de l'homme qui est ta créature, et que tu as chéri jusqu'à vouloir l'aider par ton exemple, en te donnant toi-même tout entier pour lui. Non, Seigneur, celui qui n'est pas emporté par ce saint dévouement n'est pas digne de toi, et il n'a pas encore fait le premier pas dans la carrière. La connaissance de ta volonté et le soin du serviteur fidèle de ne jamais s'en séparer un seul instant, voilà l'unique et véritable lieu de repos pour l'âme de l'homme ; il ne peut en aborder sans être sur le champ rempli de délices, comme si tout son être était renouvelé et revivifié dans toutes ses facultés, par les sources de ta propre vie ; il ne peut s'en écarter, sans se voir sur le champ livré à toutes les horreurs de l'incertitude, des dangers et de la mort. Hâte-toi, Dieu de consolation, Dieu de puissance ; hâte-toi de faire descendre dans mon cœur un de ces purs mouvements de ta volonté sainte et invincible. Il ne faut qu'un seul de ces mouvements divins pour établir en moi le règne de ton éternité, et pour résister constamment et universellement à toutes les volontés étrangères qui viendraient se réunir pour le combattre dans mon âme, dans mon esprit et dans mon corps. C'est alors que je m'abandonnerai à mon Dieu dans la douce effusion de ma foi, et que je publierai ses merveilles. Les hommes ne sont pas dignes de tes merveilles, ni de contempler la douceur de ta sagesse et la profondeur de tes conseils ! Mais suis-je digne moi-même de prononcer de si beaux noms, vil insecte que je suis, et qui ne mérite que les vengeances de la justice et de la colère ? Seigneur, Seigneur, fais reposer un instant sur moi l'étoile de Jacob, et ta sainte lumière s'établira dans ma pensée, comme ta volonté pure dans mon coeur.

lundi 23 août 2010

4/ PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN (1743-1803)


Seigneur, comment oserais-je me regarder un instant sans frissonner d'horreur sur ma misère ! J'habite au milieu de mes propres iniquités qui sont les fruits de mes abus dans tous les genres, et qui sont devenus comme mon vêtement ; j'ai abusé de toutes mes lois, j'ai abusé de mon âme, j'ai abusé de mon esprit, j'ai abusé et j'abuse journellement de toutes les grâces que ton amour ne cesse journellement de répandre sur ton ingrate et infidèle créature. C'est à toi que je devais tout offrir et tout sacrifier, et je ne devais rien offrir au temps qui est devant tes yeux, comme les idoles, sans vie et sans intelligence, et cependant je ne cesse d'offrir tout au temps, et rien à toi ; et par là je me précipite d'avance dans l'horrible abîme de la confusion, qui n'est occupée qu'au culte des idoles, et où ton nom n'est pas connu. J'ai fait comme les insensés et les ignorants du siècle qui emploient tous leurs efforts pour anéantir les redoutables arrêts de la justice, et faire en sorte que cette terre d'épreuve que nous habitons, ne soit plus à leurs yeux une terre d'angoisse, de travail et de douleur. Dieu de paix, Dieu de vérité, si l'aveu de mes fautes ne suffit pas pour que tu me les remettes, souviens-toi de celui qui a bien voulu s'en charger et les laver dans le sang de son corps, de son esprit et de son amour ; il les dissipe et les efface, dès qu'il daigne en faire approcher sa parole. Comme le feu consume toutes les substances matérielles et impures, et comme ce feu qui est son image, il retourne vers toi avec son inaltérable pureté, sans conserver aucune empreinte des souillures de la terre. C'est en lui seul et par lui seul que peut se faire l'oeuvre de ma purification et de ma renaissance ; c'est par lui seul que ta majesté sainte peut contempler l'homme ; et c'est pour cela que tu veux opérer notre guérison et notre salut, puisqu'en employant les yeux de son amour qui purifie tout, tu ne vois plus dans l'homme rien de difforme, tu n'y vois plus que cette étincelle divine qui te ressemble et que ta sainte ardeur attire perpétuellement à elle comme une propriété de ta divine source. Non, Seigneur, tu ne peux contempler que ce qui est vrai et pur comme toi ; le mal est inaccessible à ta vue suprême. Voilà pourquoi l'homme méchant est comme l'être dont tu ne te souviens plus, et que tes yeux ne sauraient fixer, puisqu'il n'a plus aucun rapport avec toi ; et voilà cependant cet abîme d'horreur où je n'ai pas craint de faire mon séjour. Il n'y a pas d'autre alternative pour l'homme : s'il n'est perpétuellement plongé dans l'abîme de ta miséricorde, c'est l'abîme du péché et de la misère qui l'inonde ; mais aussi, il n'a pas plutôt détourné son coeur et ses regards de cet abîme d'iniquité, qu'il retrouve cet océan de miséricorde dans lequel tu fais nager toutes les créatures. C'est pourquoi je me prosternerai devant toi dans ma honte et dans le sentiment de mon opprobe; le feu de ma douleur desséchera en moi l' abîme de mon iniquité, et alors il n' existera plus pour moi que le royaume éternel de ta miséricorde.

dimanche 22 août 2010

3/ PRIERES DE LOUIS-CLAUDE de SAINT-MARTIN ( 1743-1803).


Epoux de mon âme, toi par qui elle a conçu le saint désir de la sagesse, viens m'aider toi-même à donner la naissance à ce fils bien aimé que je ne pourrai jamais trop chérir. Dès qu'il aura vu le jour, plonge-le dans les eaux pures du baptême de ton esprit vivifiant, afin qu'il soit inscrit sur le livre de vie, et qu'il soit reconnu pour jamais comme étant au nombre des fidèles membres de l'Eglise du Très-Haut. En attendant que ses faibles pieds aient la force de le soutenir, prends le dans tes bras comme la mère la plus tendre, et préserve-le de tout ce qui pourrait lui nuire. Epoux de mon âme, toi que l'on ne connaît jamais, si l'on n'est humble, je rends hommage à ta puissance, et je ne veux pas confier à d'autres mains que les tiennes, ce fils de l'amour que tu m'as donné. Soutiens-le toi-même, lorsqu'il commencera à former ses premiers pas. Quand il sera dans un âge plus avancé et susceptible de l'entendre, instruis-le de l'honneur qu'il doit à son père, pour qu'il obtienne de longs jours sur la terre ; inspire-lui le respect et l'amour pour la puissance et les vertus de celui qui lui a donné l'être. Epoux de mon âme, inspire-moi la première à nourrir continuellement ce fils chéri de ce lait spirituel que tu formes toi-même dans mon sein ; que je ne cesse de contempler dans mon fils l'image de son père, et dans son père l'image de mon fils, et de tous ceux que tu peux engendrer en moi dans le cours non-interrompu de toutes les éternités. Epoux de mon âme, toi que l'on ne connaît jamais, si l'on n'est sanctifié, sers à la fois de mentor et de modèle à ce fils de ton esprit, afin que dans tous les temps et dans tous les lieux, ses couvres et son exemple annoncent et manifestent sa céleste origine ; tu poseras ensuite toi-même sur sa tête la couronne de gloire, et il sera pour les peuples un monument éternel de la majesté de ton nom. Epoux de mon âme, telles sont les délices que tu prépares à ceux qui t'aiment et qui cherchent à s'unir à toi. Périsse à jamais celui qui me presserait de rompre notre sainte alliance ! Périsse à jamais celui qui voudrait m'engager à te préférer un autre époux ! Epoux de mon âme, prends-moi toi même pour ton propre fils ; que lui et moi nous ne fassions qu'un à tes yeux, et verse abondamment sur l'un et sur l'autre, les grâces que nous ne pouvons tous deux recevoir que de ton amour. Je ne puis plus vivre, si tu n'accordes à la voix de mon fils et à la mienne de s'unir ensemble pour chanter éternellement tes louanges, et pour que nos cantiques soient comme des fleuves intariss.ables engendrés sans cesse par le sentiment de tes merveilles et de ton ineffable puissance